Dossier Éducatif

Hypothyroïdie

CIM-10: E03.9

Résumé Clinique

Monsieur Jean Dupont, 58 ans, comptable, consulte pour une fatigue majeure, une prise de poids, une frilosité, des myalgies et une constipation opiniâtre évoluant depuis plusieurs mois. Ces symptômes, associés à un ralentissement psychomoteur et des signes physiques discrets tels que peau sèche et œdèmes palpébraux, évoquent un bilan thyroïdien. Les antécédents d'HTA, dyslipidémie et l'arrêt récent d'amiodarone sont à noter. L'examen clinique retrouve des réflexes ostéo-tendineux ralentis. Le bilan biologique révèle une TSH très élevée (18.5 mUI/L) avec une T4 libre basse (8.2 pmol/L) et des anticorps anti-TPO positifs (450 UI/mL), confirmant une hypothyroïdie primaire, probablement d'origine auto-immune (thyroïdite de Hashimoto). L'échographie thyroïdienne montre une petite glande hétérogène. L'ECG révèle des signes d'hypoperfusion et une HVG probable, potentiellement liés à l'hypothyroïdie. La prise en charge initiale consiste en l'instauration d'un traitement substitutif par L-thyroxine (Levothyrox®) à dose initiale adaptée à l'âge et au poids, avec une surveillance rapprochée de la TSH et des symptômes cliniques. Le diagnostic différentiel inclut la dépression, le syndrome de fatigue chronique, l'insuffisance surrénalienne, l'insuffisance cardiaque, et d'autres causes de constipation ou de myalgies. La complexité réside ici dans la présentation insidieuse et la multiplicité des symptômes non spécifiques, ainsi que dans la nécessité d'une substitution hormonale prudente chez un patient avec des facteurs de risque cardiovasculaire, nécessitant une adaptation progressive des doses pour éviter un stress cardiaque.